BNP Paribas: blanchiment à Monaco

BNP Monaco Wealth Management a participé pendant plusieurs années à une vaste opération de blanchiment et de fraude.

BNP Paribas: blanchiment à MonacoLa banque monégasque, filiale de , a aidé des hommes d’affaires africains à contourner le contrôle des changes en vigueur dans les zones franc en Afrique francophone. Les sommes en jeu s’élèvent à plusieurs centaines de millions d’euros.

Le trafic n’a pris fin qu’après une mission de l’ inspection générale de BNP Paribas, dont le canard enchainé s’est procuré le rapport daté du 25 octobre 2011. Les inspecteurs concluent, en termes policés, que « la banque ne maîtrise pas totalement l’arrière-plan économique d’opérations susceptibles d’être en infraction avec la réglementation du pays de domicile des clients« .

C’est un euphémisme. Dans une lettre adressée cette semaine au procureur de Monaco, l’association Sherpa, qui lutte contre la corruption, demande l' »ouverture rapide d’une information judiciaire« . L’enquête a porté essentiellement sur le cas de Madagascar. Mais tout laisse à penser que d’autres pays africains sont concernés, notamment le Gabon, le Sénégal et le Burkina Faso, cités par le rapport.

Comment fonctionnait ce réseau de blanchiment organisé de longue date ? Dans ces anciennes colonies françaises, dont la monnaie est rattachée à l’euro, seuls les intermédiaires habilités sont autorisés à échanger des devises contre des francs CFA.

La combine pour contourner l’obstacle fonctionne en 3 temps. Des touristes ou des fonctionnaires sont invités par des hôtels, des commerces ou des agents de change à régler leur facture par un chèque en euros. Le bénéficiaire du chèque est laissé en blanc. Ensuite, des hommes d’affaires souhaitant sortir des devises à l’insu du contrôle des changes rachètent les chèques et paient en monnaie locale. A un prix légèrement supérieur au taux de change officiel. Les hôtels, commerces et agents de change concernés y trouvent ainsi leur intérêt. Enfin, les chèques en blanc sont complétés puis envoyés à BNP Paribas Wealth Management et déposés sur les comptes des bénéficiaires.

« La faiblesse des montants de chaque chèque ne saurait masquer l’ampleur des mouvements cumulés« , souligne l’association Sherpa dans son courrier au procureur de Madagascar. Un seul apporteur d’affaires malgaches a ainsi vu transiter par ses comptes plus de 10 millions d’euros entre 2008 et 2011. Mais une si petite somme, à Monaco, ça passe inaperçu.

source: le canard enchainé

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