Conséquences de la perte du triple A français

La France vient de perdre son triple A : quelles vont être les conséquences de la dégradation de la note française ?

Conséquences perte du triple AIl y a quelques semaines, avait déclaré « Si on perd le triple A, je suis mort« . Mais en dehors des enjeux politiques, la perte du triple A de la France va d’abord toucher les français et les investisseurs.

La perte du triple A de la France ( voir La France perd son triple A) va entrainer une hausse des taux d’intérêts. Les investisseurs, qui acceptaient jusque-là de prêter à la France à taux bas, risquent désormais de réclamer des taux supérieurs. Avant même la perte du triple A de la France, les taux d’intérêts des emprunts réalisés par l’Agence France Trésor n’ont cessé de monter.

Autre conséquence de la dégradation de la note française, la fuite des investisseurs. Les fonds de pension, qui gèrent les actifs des retraités, se tourneront vers les pays les mieux notés.

La hausse des taux d’intérêts va également réduire la marge de manoeuvre du gouvernement pour relancer l’économie et la et ainsi espérer réduire la dette. Avec la perte de son triple A, la France est entrée dans un cercle vicieux d’où il sera difficile de sortir.

Pour faire face à la crise de la dette, la a récemment racheté des obligations grecques, irlandaises, portugaises, espagnoles et italiennes. Il n’est donc pas impossible que la BCE rachète également des obligations françaises afin de restaurer la confiance des marchés.

Avec la perte du triple A de la France, ce sont désormais les françaises qui sont dans la ligne de mire des agences de notation. Les banques françaises vont devoir vendre des actifs qu’elles avaient gardés jusqu’ici. Les prix étant bas sur les marchés, elles vont afficher des pertes dans leurs comptes, ce qui entrainera de nombreuses suppressions de postes. Les taux d’intérêts pour les crédits aux entreprises et aux particuliers vont de fait également augmenter.

L’ Unedic, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Réseau ferré de France (RFF), la Poste perdent tous leur triple A, avec pour conséquence une hausse du coût de financement de ces institutions.

Quelle conséquence pour la CDC, qui doit justement venir en aide à l’assureur Groupama et à la banque Dexia ? Ou pour la banque de financement des PME Oseo ? Bénéficiant d’autres sources de financement que les marchés, elle ne sera pas nécessairement contrainte d’augmenter les taux pour ses clients dans un premier temps. Mais à plus long terme, il est possible qu’elle doive le faire dans certains cas.

La dégradation de la note française va toucher les français au portefeuille, avec une hausse des prix pour les particuliers. L’Etat participe au capital d’ EDF, la SNCF, GDF-Suez, Air France-KLM, EADS, France Telecom, Renault, etc. A leur tour, ces grosses entreprises pourront voir leurs coûts de financement augmenter. Cela posera notamment problème aux filiales les moins solides, pour lesquelles la garantie de l’Etat est précieuse.

La perte du triple A de la France va entrainer de nouveaux risques pour les collectivités locales, dont le budget dépend pour moitié des subventions de l’Etat. Les collectivités locales utilisent la garantie de l’ Etat pour se financer ailleurs à des prix raisonnables.

source: nouvelobs.com

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2 Commentaires sur “Conséquences de la perte du triple A français”

  1. atila2 dit :

    « Avant même la perte du triple A de la France, les taux d’intérêts des emprunts réalisés par l’Agence France Trésor n’ont cessé de monter. »
    Normal, tout le monde savait que la perte du triple A était inecluctable, les marchés ont anticipés.

    « La dégradation de la note française va toucher les français au portefeuille, avec une hausse des prix pour les particuliers »
    Mème sans la perte du A, les hausses auraient été effectives de toute facon.Ce seras juste un argument pour eux.

    Par contre cela va peut etre ralentir les dépenses somptuaire pour ne pas dire pharaoniques des collectivités locales qui dépensent eux aussi sans compter.Mais j’en doute fort.

  2. Chnoupi dit :

    @Atila2
    Je ne pense ps que les dépenses « somptuaires » vont baisser. Ni celles de collectivités, encore moins du gouvernement en place (et futur?), des sénateurs et autres députés. Tant que nous serons dans une oligarchie bien ancrée par des politico-affairistes, ce sera le petit peuple qui « morflera » ! Les autres – pré-cités et les nantis – se fichent du triple, double ou mono A !