D’ où viennent les 500 000 euros versés à Claude Guéant ?

Lors de 2 perquisitions effectuées chez Claude , les magistrats ont découvert 500 000 euros versés depuis l’étranger sur un compte personnel, et les traces de nombreux paiements en liquide. Les explications de Guéant sont lumineuses…

Guéant versement de 500 000 eurosL’ex-ministre de l’ Intérieur de Nicolas s’attend à être entendu prochainement par un voire plusieurs juges et à s’expliquer sur l’origine de ses petites économies, découvertes lors de perquisitions à son domicile à son cabinet d’avocats.

Le 27 février au matin, le parquet de Paris et la brigade financière sont venus faire leur marché, dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte sur l’arbitrage Tapie- Adidas- Crédit Lyonnais. L’après-midi même, ce sont d’autres magistrats, accompagnés de flics de la Division nationale d’investigations financières et fiscales, qui ont déboulé. Eux cherchent à savoir si Claude Guéant, ex-secrétaire général de l’ Elysée, a joué un rôle dans l’éventuel financement occulte par la Libye de la campagne présidentielle de Sarkozy de 2007 ( voir Enquête sur le financement de la campagne de Sarkozy par Kadhafi).

En consultant les relevés bancaires de Guéant, ils ont découvert que plus de 500 000 euros avaient atterri, en provenance d’un compte à l’étranger. Ils ont également trouvé trace de nombreux et conséquents paiements de factures en liquide. Guéant avait l’habitude de payer en cash. D’où provenaient ces bons billets ? Ces découvertes ont conduit le parquet de Paris à ouvrir, la semaine dernière, une information judiciaire, confiée à 3 juges d’instruction parisiens. Mais Guéant jure que « tout cela n’a rien à voir avec la Libye. Il s’agit d’affaires strictement privées« . Sauf que Claude Guéant n’est pas exactement un personnage privé. Préfet, directeur général de la police nationale puis secrétaire général de l’ Elysée, il a été, avant d’être ministre, le plus proche collaborateur de Sarkozy. Lequel lui a confié des missions secrètes, en Libye, en Arabie Saoudite ou en Afrique noire. Discret, lisse et affable, Guéant sent le souffre et entretient tous les fantasmes. Nourris aussi par son amitié revendiquée avec le richissime homme d’affaires Alexandre Djouhri, intermédiaire obligé pour certains contrats avec le Maghreb ou le moyen-orient.

Pour justifier le versement de 500 000 euros, Claude Guéant jure avoir vendu, en 2008, « à un confrère avocat« , 2 tableaux –  » 2 marines du 17ème siècle » – signés d’un peintre hollandais. Il affirme avoir en sa possession « toutes les pièces justificatives » de cette vente. Ainsi que les certificats d’authenticité des oeuvres. Tout en s’étonnant que les enquêteurs ne lui aient pas demandées lors de leurs visites, Guéant mets ces justificatifs « à la disposition de la justice ». Bizarrement il a du mal à se souvenir précisément du nom de l’artiste hollandais. Un haut fonctionnaire des Douanes ricaine et explique au Canard enchainé que le coup de la vente d’une oeuvre d’art est un grand classique pour blanchir de l’argent.

Concernant les factures payées en liquide, Guéant fournit une explication toute simple: au fil du temps, et de ses fonctions diverses et variées au ministère de l’ Intérieur, il a touché en liquide des « primes de cabinet« . Au cours de cette période, précise-t-il, « je vivais chichement et je dépensais presque rien« . Et d’ajouter: « J’ai ainsi amassé » ( sic!) des espèces.

En particulier de 2002 à 2004, lorsqu’il dirigeait le cabinet de Sarkozy à l’ Intérieur. Puis de 2005 à 2006, période durant laquelle il occupait les mêmes fonctions. Léger problème: les « primes de cabinet » versées en liquide dont parle Guéant ont été supprimées par le gouvernement Jospin en 2002 et remplacées par des virements bancaires tout à fait classiques et licites.

D’où qu’elles viennent, les sommes « amassées » par Guéant n’ont jamais été déclarées au fisc. Guéant en convient, visiblement gêné. Mais il se défend cependant de « toute malhonnêteté« , et va faire des jaloux. Interrogés par le Canard enchainé, plusieurs de ses anciens collaborateurs, Place Beauvau, assurent n’avoir jamais perçu le moindre fifrelin de la main à la main. « Comme notre paie, assure l’un d’eux, l’éventuelle prime de sujétion nous étaient versée directement sur notre compte et donc forcément déclarée à l’administration fiscale« . Sauf pour Guéant, semble-t-il.

Les explications de Claude Guéant devront convaincre ses juges. « Les magistrats exploitent la piste libyenne, mais ils ne trouveront rien« , assure-t-il, fustigeant « une justice qui ne protège pas les innocents, et c’est dommage ».

Dans son malheur, Guéant a tout de même de la chance: il n’est plus ministre. Sinon, il aurait dû démissionner…

source: le canard enchainé

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1 Commentaire sur “D’ où viennent les 500 000 euros versés à Claude Guéant ?”

  1. Les « idoles » tombent comme des mouches….!
    Le gavage terminé, ils vont maintenant se dévorer…..!
    Il fut un temps où la main dans la main et les yeux dans yeux, ils pouvaient sans vergogne nous plumer.
    Quant à Monsieur GUEANT, nous aimerions qu’il nous dise aussi qui, dans les Hautes-Alpes, protégeait les politiques délinquants, lui qui a été Préfet de ce département dans lequel il a encore de bonnes relations.
    Voir articles et commentaires:
    -Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République http://www.lecri.fr
    -Lettre ouverte à la Préfète des Hautes-Alpes http://www.lecri.fr
    -Le clientélisme de Michèle Alliot-Marie http://www.lecri.fr et enfin:
    -Montant de la dette publique: 1692,7 milliards d’euros http://www.lecri.fr
    Magouille et corruption, les deux mamelles de la « crise » et autant de crimes contre le peuple.
    http://www.associationmieuxvivredanslatransparence.fr