Détournement de fonds publics pour Guéant ?

« J’ai beaucoup amassé« , confessait, sans rire, le 28 avril, Claude au Canard enchainé.

Détournement de fonds publics pour Guéant ?Guéant justifiait ainsi les sommes en liquide et les factures payées en espèces trouvées chez lui lors d’une double perquisition. On comprend mieux pourquoi, à la lecture des résultats de l’enquête administrative diligentée par Manuel Valls sur l’utilisation des frais d’enquête et de surveillance ( FES) au ministère de l’ Intérieur entre 2002 et 2004 ( voir 10 000 euros par mois de primes pour Guéant). En 49 pages ( et 41 témoignages), les 4 auteurs du rapport établissent, malgré l’ « absence d’archives détaillées« , que, de « mai 2002 à l’été 2004« , le directeur de cabinet de a touché pas moins de 260 000 euros. Soit 10 000 euros par mois. Heureux Guéant ! Cet argent, qui lui était transmis en liquide, était censé combler le trou laissé par les « primes de cabinet« , supprimées par Jospin à partir du 1er janvier 2002. Une opération « illégale » qui justifie la saisine du procureur de la République pour détournement de fonds publics.

Aucun autre membre du cabinet de Sarkozy n’a, semble-t-il, profité de cette manne. Les 2 anciennes conseillères du ministre de l’Intérieur, Rachida Dati et Chantal Jouanno, l’ont affirmé publiquement. Et d’autres membres de l’équipe Sarkozy l’ont confirmé au Canard enchainé.

Pour sa défense, Claude Guéant fait savoir aujourd’hui qu’il n’a personnellement pas touché le moindre fifrelin. Mais que, bonne âme, il refourguait l’argent aux poulets chargés de la protection de son bien-aimé ministre de l’ Intérieur. Lesdits poulets, pour le moment, refusent de parler. Une quasi-dénonciation…

L’enquête administrative établit, en effet, que « les personnels du Service de protection des hautes personnalités bénéficient, lorsqu’ils sont affectés à la protection d’un membre du gouvernement, de l’indemnité de sujétions particulières des personnels de cabinet« . En principe, donc, pas d’argent supplémentaire.

Cette même enquête met en lumière le rôle du directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, le « banquier » de Guéant. Aujourd’hui directeur de cabinet de Sarkozy, il accepte de porter le chapeau. Interrogé par le Canard enchainé, il reconnaît avoir transmis une partie des frais d’enquête et de surveillance à son « ami Claude« . Et, en plus, « sans avoir reçu l’ordre de quiconque« . Même chanson que Guéant: « il fallait assurer la transition après la fin des primes de cabinet décidée par Jospin« .

Manque de pot, une telle pratique est strictement prohibée depuis la note n°98/062 de la Direction générale de la police nationale, comme l’a révélé « Le Canard » le 7 mai. « Ces crédits ne doivent pas être considérés comme permettant d’alimenter un régime indemnitaire« , écrivait, le 3 février 1998, l’auteur de cette note, un certain Claude Guéant. Pour s’être mis lui-même hors-la-loi, l’ex-ministre de l’ Intérieur va devoir se justifier devant un juge…

En attendant, cette affaire inquiète l’état-major de l’ . Le 11 juin, lors de leur petit déjeuner hebdomadaire, tous les dirigeants présents se sont demandé si Sarkozy allait, lui aussi, devoir s’expliquer avec la justice. Fillon a sûrement un avis…

Article extrait du Canard enchaîné du  12/06/13

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2 Commentaires sur “Détournement de fonds publics pour Guéant ?”

  1. Adrien dit :

    Décidément, les jours passent et de nouveaux politiques entrent dans la tourmente ! Est-ce que cela doit encore nous surprendre ? Plus vraiment à mon avis… Toujours est-il que ces pratiques sont scandaleuses.

  2. Il faudrait aussi poser la question à Monsieur GUEANT pour savoir qui protégeait de la justice, les élus délinquants des Hautes-Alpes ?
    Magouille et corruption, les deux mamelles de la « crise » et autant de crimes contre le peuple.
    http://www.associationmieuxvivredanslatransparence.fr