Guéant, expert en vente d’ objets d’ art

En matière de vente d’objets d’art, Claude est un as.

Guéant, expert en vente d' objets d' artParvenir à vendre 500 000 euros 2 tableaux du peintre flamand Andries Van Eertvelt ( 1590-1652) révèle un talent commercial a rendre jaloux n’importe quel antiquaire de la rue du Faubour-Saint-Honoré ou du quai Voltaire ( voir Les tableaux de Claude Guéant). Il suffit, pour s’en convaincre, de consulter les cotes établies par le site Artprice ou par le Bénézit – l’ouvrage de référence en la matière. Mais un regard attentif sur les catalogues de vente dans les années 1990-2000, période durant laquelle Claude Guéant affirme avoir acquis ces 2 tableaux, est encore plus probant. Le prix d’adjudication des oeuvres de Van Eertvelt dans les grandes salles de ventes comme Tajan ou Christie’s, à Paris ou à Monaco, ne dépasse jamais 150 000 francs pour une paire, soit moins de 23 000 euros.

C’est dire le montant de la plus-value qu’a réalisée Claude Guéant. Une plus-value qui, n’en doutons pas, a sûrement été fiscalisée… Car personne ne peut imaginer qu’un ancien ministre ait oublié de déposer auprès de la recette de son domicile, en 2008 ( année de la vente), le bordereau fiscal n°2048M, accompagné d’un chèque à l’ordre du Trésor public. Seuls, en effet, sont exonérés de cet impôt les objets de collection d’une valeur inférieure à 5000 euros.

Dans la plupart des cas, cette taxe s’élève à 5% du prix de vente. En cas de vente publique ou par l’entremise d’un marchant, elle est réglée par l’intermédiaire pour le compte du vendeur. Lorsqu’il s’agit d’une cession à un particulier – un avocat qui dispose d’un compte bancaire en Malaisie, par exemple ! -, le montant de la transaction doit être déclaré et la taxe acquittée par le vendeur lui-même. La recette des impôts lui en donne alors quitus. Enfin, l’exportation d’une oeuvre d’art d’une valeur supérieure à 150 000 euros répond à une législation tout aussi précise.

Avant de sortir l’oeuvre du territoire français, l’acheteur doit obtenir un « passeport » auprès des Douanes et de la Direction des musées nationaux, qui disposent de 3 ans pour exercer un éventuel droit de préemption. Avec une célérité parfaitement innocente, le ministère de la a fait savoir, 3 jours après la parution du Canard enchainé, qu’aucune demande de passeport pour une oeuvre de Van Eertvelt n’avait été enregistrée en 2008.

Il faut donc croire que ces 2 tableaux sont toujours en France, comme la plus-value, n’est-ce pas Claude Guéant ?

source: le canard enchainé

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1 Commentaire sur “Guéant, expert en vente d’ objets d’ art”

  1. atila2 dit :

    J’aime bien le ton de l’article.
    Guéant se prends les pieds dans le tapis de ses mensonges.