Hollande: de la croissance à la rigueur

Alors que la droite veut « faire l’inventaire du Sarkozysme », la gauche attend l’audit des comptes publics de la même période. Ces 2 classiques du genre sont une diversion de bonne guerre.

Hollande: de la croissance à la rigueurDans le 1er cas, il s’agit de trouver à se dédouaner de la défaite en l’imputant à de coupables « maurrassiens ». Dans le second, il s’agit, tout aussi classiquement, de charger le bilan des prédécesseurs pour montrer la gravité de la situation dont on vient d’hériter. Et justifier dans la foulée les douleurs à venir.

Sans attendre la Cour des comptes, qui publiera son audit la semaine prochaine, chacun sait déjà que lesdits comptes ne sont pas bons. Que le budget 2012 avait établi sur des prévisions de qui ont dû être réduites de plus de moitié ( de 1,75% à 0,7%) et qui vont devoir sans doute être à nouveau révisées à la baisse. Et ce ne sont pas 2% d’augmentation du smic ( voir Le Smic augmente de 2%), qui équivalent, en clair et en gros, à 6 euros de plus par mois en pouvoir d’achat, qui vont faire bondir d’un coup cette fameuse croissance. a beau en être le défenseur acharné en Europe, ce mercredi encore, face à Angela Merkel en visite à l’ Elysée, le dosage subtil reste à trouver.

Si, de Mélenchon aux syndicats, cette hausse du smic est qualifiée de pichenette insignifiante ou de coup de vent, l’ Inspection générale des Finances n’a pas tardé à en rappeler le coût: 2 milliards d’euros ( voir Combien coûte la hausse du smic ?), alors qu’il faut déjà en trouver plus de 7 de toute urgence ( voir Hollande impose la rigueur). C’est dire que, de toute évidence, l’heure est plutôt à la rigueur qu’à la croissance.

Au petit coup de pouce du smic va succéder un gros coup de poing du fisc. Il est en partie repoussé à la rentrée, mais, pour continuer à charger la barque du gouvernement précédent, la facture du bouclier fiscal oubliée dans un tiroir du Budget vient à point nommé: 735 millions d’euros en 2011, soit près de 100 millions de plus qu’en 2010 ( voir Coût du bouclier fiscal) et un petit mot du directeur des Impôts expliquant que la mesure n’aura jamais tant profité aux Français les plus riches. Idéal pour défendre les 75% et pour faire appel, comme dit Hollande, au « patriotisme » de « ceux qui ont reçu le plus comme cadeaux fiscaux, sans qu’il y ait une volonté de punir qui que ce soit, parce que nous avons besoin de tous« !

Mais même si les hausses d’ impôts, au-delà du symbole, sont du genre costaud, elles ne suffiront pas pour tenir les engagements de réduction des déficits publics. Il va donc falloir, malgré ces rentrées escomptées, réduire drastiquement les dépenses, c’est-à-dire prendre, même en refusant le mot ou en essayant de le contourner, des mesures de rigueur carabinées. Contrairement aux mesures fiscales, ce coup de machette n’était ni inscrit au programme de Hollande, ni annoncé. Il n’est pas encore totalement calculé, mais nous ne manquerons pas d’en avoir un avant-goût forcément salé lors du discours de politique générale d’ Ayrault, le 3 juillet à l’ Assemblée. Annoncer les efforts juste avant le départ en vacances, c’est aussi un coup classique.

source: le canard enchainé

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1 Commentaire sur “Hollande: de la croissance à la rigueur”

  1. atila2 dit :

    De toute facon, chacun d’entre nous savait que la situation en France était catastrophique après 5 années de gaspillage et d’agent jeté par les fenètres, et ce n’est pas Hollande ou un autre qui redressera la France.Nous allons subir la rigueur pendant longtemps encore, car le gouvernement Sarkozy a distribué des milliards aux plus riches et laissez la Kolossale facture aux francais.Sur qu’il y a encore des dépenses cachées qui vont sortir.