Hollande impose la rigueur

François avait déclaré haut et fort qu’il ne voulait pas de la rigueur et qu’il préférait une politique de croissance. Ces prises de positions concernant la politique économique européenne sont d’ailleurs sources de profonds désaccords avec Angela Merkel, qui elle, plaide pour une politique de rigueur.

Hollande impose la rigueurEt pourtant, en France, c’est bel et bien une politique de rigueur et d’austérité que Hollande va imposer aux français. Hollande aurait-il déjà changé d’avis ?

« Maintenant, nous ne pouvons plus attendre. Nous n’avons plus le choix: il faut frapper fort dès cet été, à l’occasion du vote de la loi de finances pour 2013. » Ainsi parlait, vendredi dernier, un des principaux conseillers de l’ .

Et le même d’insister: « Nous devons profiter des premiers mois pour enfoncer le clou en augmentant les impôts et en réduisant vraiment les  ».

C’est un discours identique qu’ont tenu Jean-Marc , Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac, lors du séminaire gouvernemental, le lundi 25 juin. Avec, à la clé, des décisions aussi rudes, à quelques détails près, que celles qu’avait programmées le gouvernement Fillon: gel des dépenses de l’ Etat ( hors charge de la dette et des pensions), baisse des dépenses d’investissement, limitation des hausses de salaires dans la fonction publique, gel des subventions aux opérateurs de l’ Etat ( Pôle emploi, universités, CNRS, etc.). Sans oublier les dotations aux collectivités locales, qui n’augmenteront plus en fonction de l’inflation. Quant aux créations de postes de fonctionnaires ( éducation, police, justice), elles devront être compensées par des suppressions dans d’autres ministères ( voir Le gouvernement va réduire le nombre de fonctionnaires).

Du côté des nouvelles recettes pour 2013, la facture pour les contribuables et les entreprises figurait, chiffres à l’appui, dans le programme de Hollande. Mais il va falloir faire entrer dans les caisses, dès l’automne, 7,5 à 10 milliards de plus ( voir Les hausses d’ impôts que nous cache Hollande), car le taux de croissance n’atteindra pas, en 2012, le 0,7% prévu. Outre la surtaxe sur l’ ISF ( voir Taxe exceptionnelle pour l’ ISF) et une taxe sur les dividendes ( voir Taxe de 3% sur les dividendes), déjà programmées, Bercy cherche de nouvelles ressources fiscales, en catastrophe, et fait tourner les ordinateurs.

Pour aider à faire passer toutes ces bonnes nouvelles, lors du Conseil des ministres du 20 juin, François Hollande a donné ses consignes aux ministres: « N’hésitez pas à dire ce qu’est l’héritage. Ce qui est important, c’est la cohérence de l’action gouvernementale. Mais il ne faut pas vous priver d’évoquer la responsabilité de nos prédécesseurs dans tous les problèmes que l’on va être amenés à rencontrer« .

François Hollande n’a pas eu besoin d’ajouter qu’il y a 2 mots à ne pas prononcer: « austérité » et « rigueur ». Les ministres avaient compris d’eux-mêmes. Allez, encore un petit effort et Hollande finira par tomber d’accord avec Merkel.

source: le canard enchainé

 

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