La hausse maladive de l’ impôt

2 volumes d’ impôt, un volume de et une infime goutte, à peine un soupçon de croissance… Ce rude cocktail pour Jérôme , le ministre du Budget, qui l’a concocté et le sert à l’ Assemblée, est sinon la panacée, du moins la seule recette pour tenir l’objectif d’un à  3% du PIB.

La hausse maladive de l' impôtPour la patronne du Medef, c’est au contraire une potion mortifère, un poison qui lui retourne l’estomac et déclenchera un dévastateur ouragan qui conduit tout droit le pays et les patrons dans les affres de la récession. L’opposition, oubliant que les mesures d’austérité de Fillon étaient de 31 milliards d’euros, contre 33 milliards pour Ayrault, surenchérit en parlant d’un « coup de gourdin » fiscal qui ne touchera pas seulement les plus fortunés, comme le martèle le gouvernement, mais aussi les salariés, les commerçants, les retraités. Et plus d’un économiste, y compris à gauche, répète depuis des semaines qu’une telle politique d’austérité n’est évidemment pas de nature à faire frétiller une croissance dont les estimations ne cessent d’être revues à la baisse. Et de faire remarquer, en attendant les prévisions officielles de Bruxelles, que le FMI a déjà révisé les siennes et met de l’eau dans sa politique de rigueur.

De leur côté, en Italie, l’austère Monti veut baisser les impôts et, en Allemagne, Merkel laisse entendre qu’elle pourrait en faire autant pour soutenir sa consommation intérieure. Si l’on ajoute à cela l’aile gauche du PS, qui peste contre la rigueur budgétaire, et que l’on oublie de parler des Verts, dont une élue s’est sans doute sentie poussée à la fraude fiscale par ces hausses d’ impôts en série ( voir Fraude fiscale ou blanchiment d’ argent pour Florence Lamblin ?), le cocktail budgétaire 2013 n’a pas fini de faire hoqueter.

Son auteur Cahuzac a beau dire et redire sur tous les tons qu’à « court terme augmenter les impôts est moins récessif que diminuer les dépenses« , il sait, comme Hollande et consorts, que la charge fiscale ajoutée à celle des prédécesseurs ne peut s’alourdir indéfiniment. Surtout en l’absence de croissance. 65 milliards d’euros de hausses d’ impôts entre 2011 et 2013, ce n’est pas rien ! D’autant que, dans le même temps, les taxes foncières ont explosé. Et le gel du barème de l’ impôt sur le revenu, décrété par Fillon et maintenu par Bercy, ne touche pas seulement « les plus fortunés » mais des moyens revenus aussi…

Du coup, en restant fixé sur la ligne des 3%, il s’agit de calmer le jeu. Le « renoncement » très appuyé à la taxe sur les objets d’art ( voir Les oeuvres d’ art soumises à l’ ISF ?) ou à la demi-redevance télé supplémentaire pour les résidences secondaires ( voir Redevance télé pour les résidences secondaires) va dans ce sens. On ne sait si de telles mesures, qui n’étaient que des amendements, auraient nui à la croissance. Mais, dans la foulée, le « choc de compétitivité » qui était censé la réveiller à lui aussi été revu et étalé dans le temps. Le « choc » est devenu une « trajectoire ». Ayrault a édulcoré cette mesure attendue pour ne pas avoir à annoncer trop vite un nouveau prélèvement de 40 milliards dû à une augmentation de la CSG pour compenser un abaissement des charges patronales. Il préfère parler d’un « choc de confiance » au moment où ladite confiance commencer à lui manquer sérieusement dans les sondages. C’est intrépide. Hollande et lui ont peut-être finalement eu tort de tancer Peillon sur la dépénalisation du cannabis. En plein vote du budget 2013, le sujet est d’une grande actualité, ils le savent bien: entre impôts et inflation, il valeur falloir trouver le joint !

source: le canard enchainé

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1 Commentaire sur “La hausse maladive de l’ impôt”

  1. cochise dit :

    Bonjour,
    N’oubliez JAMAIS que ces pratiques, dont le meilleur exemple est celui de la Grèce, ne sont inspirées que par les obligations imposées par l’Europe des voleurs, sous peine, en cas de non allégeance de voir la hausse des taux d’intérêts sur une dette énorme (bientôt 90% du PIB ou 1850 milliards d’euros sans compter les dettes non déclarées) dont le coût pourrait être mortel pour les états (encore une fois, voir l’état actuel de la Grèce) puisque 1% de hausse représente environ 20 milliards d’intérêts pour les banques et autres escrocs qui tiennent l’Europe en coupe réglée à la manière des mafias.

    Il faut rendre à la BCE le pouvoir de prêter aux états en direct, comme le faisait la banque nationale avant 1973……ou reprendre notre liberté face à ces voyous de la finance en reprenant notre monnaie, même dévaluée (peut être d’ailleurs pas tant que cela).