La scandale du coût des locaux de la BPI

Pierre de taille et colonnes de marbre: pour 6,6 millions d’euros de loyer annuel, la BPI pose ses cartons dans un luxueux immeuble boulevard Haussmann.

BPI locauxLa BPI ( Banque publique d’investissement) prends ses aises. Cet établissement d’ Etat, créé en 2012 pour aider les PME, voit grand quand il s’agit de choisir ses propres locaux. La direction de la BPI vient de décider d’installer une partie de ses troupes dans un imposant et luxueux immeuble aux colonnes de marbre situé au 6-8 boulevard Haussmann, à 2 pas de l’ Opéra.

Présidée par Jean-Pierre Jouyet, un très proche ami de , la BPI va occuper 10 501 m² sur 3 niveaux dans ce bâtiment qu’un plaquette publicitaire présente comme « un édifice spectaculaire qui s’organise autour d’un atrium central planté d’arbres exotiques« . Montant du loyer annuel des locaux de la BPI: 6,6 millions d’euros, soit 630 euros le m². Une somme qui ne tient compte ni des charges ( 800 000 euros par an) ni des taxes

Ces bureaux haut de gamme conviendraient fort bien à draguer et à impressionner le milliardaire qatari ou l’homme d’affaires moscovite en goguette. Mais quel intérêt de s’offrir une telle vitrine parisienne, pour une banque censée aider les petits patrons sans le sou, avec l’argent d’un Etat qui n’en a guère plus ?

Conçus pour accueillir 950 personnes, les locaux de la BPI en hébergeront à peine 360, toutes venues d’établissements publics absorbés par la BPI, comme Oséo ou le Fonds stratégique d’investissement. Une partie de l’immeuble est destinée à abriter des bureaux de passage réservés aux huiles du conseil d’administration, comme les socialistes Ségolène Royal ou Jean-Paul Huchon

La direction de la BPI s’est aussi beaucoup dépensée pour faire croire à la presse que cette installation était une opération exemplaire. La banque a ainsi publié, le 25 avril, un laborieux communiqué pour expliquer que le déménagement lui ferait économiser 1,5 million par an. En réalité, les salariés qui transporteront leur balluchon boulevard Haussman viennent de quartiers encore plus chics, rue de Lille ou rue de l’ Université. Un peu comme si, pour donner l’exemple, un patron vertueux troquait sa Rolls pour une Porsche…

Pas question en revanche d’opter pour des solutions moins onéreuses. Comme l’ouverture d’une simple agence d’accueil de la clientèle dans la capitale. Et le regroupement du reste des troupes à Maisons-Alfort, où Oséo avait installé son siège social avant la création de la BPI. Dans cette banlieue pas si lointaine, les loyers coûtent 3 fois moins cher que boulevard Haussmann…

« C’est impossible, assure doctement le service de presse de la BPI, car une partie de l’immeuble de Maisons-Alfort est déjà occupée par un autre organisme, l’ Agence nationale de sécurité sanitaire. » Vérification faite, c’est inexact. L’agence en question a prévu de déménager d’ici à la fin de 2014. Ses 3916 m² de locaux devraient être mis ensuite à la disposition de la BPI, qui aurait donc pu y installer sans souci ses salariés du boulevard Haussmann…

Mais on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. La BPI a pris ses précautions pour ne pas risquer – ni en 2014 ni plus tard – l’exil général en banlieue. Sa direction a signé un bail de 12 ans pour son immeuble parisien. Une longue durée, justifiée, paraît-il, par une année de loyers gratuits proposée par le propriétaire. Un peu comme si l’allume-cigare et l’autoradio de la Porsche étaient offerts par le vendeur…

Article extrait du Canard enchaîné du  05/06/13

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3 Commentaires sur “La scandale du coût des locaux de la BPI”

  1. atila2 dit :

    Et on continue de jeter l’argent par les fenètre. Droite et gauche dépensent sans compter l’argent public pour le bien ètre de quelques privilègiés. Un scandale quand on demande un e fois encore de se serrer la ceinture. Y en a marre de ces voleurs et escrocs qui nous gouvernent.

  2. TRIVIDIC dit :

    En ces périodes de pénuries… diantre pour certains tout va bien…

  3. elisabeth dit :

    Juste pour info S Royal à répondu au C.Enchainé Pour votre gouverne S Royal avait demandé que toutes les équipes soient regroupées à Maison Alfort . J.P Huchon et S Royal n’ont ni rémunération ni bureau ‘de passage. ‘ En attendant vous avez ceci http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/14/la-bpi-trois-mois-d-existence-et-deja-en-proie-a-des-luttes-intestines_3196578_3234.html