La TVA sociale n’ améliore pas la compétitivité

Se substituant à une partie des cotisations patronales, la sociale entraînerait une baisse du coût du travail et donc une amélioration de la compétitivité. C’est à l’évidence avoir une vue très étriquée de la compétitivité.

TVA sociale et compétitivitéComme le souligne un récent rapport du Conseil économique, social et environnemental ( CESE) s’appuyant sur un bon nombre d’auditions et de nombreux travaux d’experts, « bien d’autres facteurs interviennent« . Et le Conseil de citer le coût des consommations intermédiaires, « le coût du capital et des autres ressources à long terme qui recouvrent les dividendes versés aux actionnaires et les intérêts dus aux créanciers », le taux de change, « la qualité des produits résultant des savoir-faire professionnels et de la maîtrise des processus de fabrication« , l’effort de recherche et d’innovation, l’organisation du travail et le dialogue social, l’investissement dans la formation continue des salariés, la capacité à trouver des financements à des conditions et taux acceptables ou encore les politiques publiques.. Le coût du travail est donc très loin d’être l’alpha et l’oméga de la compétitivité. Le serait-il d’ailleurs, qu’il n’expliquerait pas pour autant les différences de compétitivité entre la France et l’ Allemagne puisque la France, qui conserve une des productivités les plus élevées du monde, a un coût salarial par unité produite inférieur à celui de notre voisin Allemand dans l’industrie manufacturière.

L’ instauration d’une TVA sociale n’aura donc qu’un impact tout à fait marginal sur la compétitivité des entreprises françaises. Et encore ne jouera-t-elle que dans un nombre limité de branches.  Il n’existe en effet aucune mesure permettant de cibler la baisse des coûts sur les secteurs exposés à la concurrence internationale. Le basculement des cotisations vers une TVA sociale bénéficierait principalement aux secteurs abrités, comme c’est déjà le cas des allègements de cotisations. Enfin, comme le précise encore le rapport du CESE, elle n’aurait un impact, même limité, « qu’à la condition que les entreprises répercutent en baisse de prix l’allégement octroyé« . Or, rien ne garantit qu’il en sera ainsi, les entreprises pouvant privilégier leurs marges, voire la rémunération de leurs actionnaires.

source: la nouvelle vie ouvrière

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2 Commentaires sur “La TVA sociale n’ améliore pas la compétitivité”

  1. JMP dit :

    Fait comme cela, c’est certain. En revanche, un système qui exonérerait une partie des charges patronales à hauteur du CA réalisé à l’exportation par l’entreprise pourrait fonctionner. Un entreprise qui ferait 100% de son CA à l’exportation ne paierait plus de charges patronales (mais elle créerait de l’emploi en France !). On inciterait ainsi à la relocalisation sans que les secteurs protégés qui produisent et facturent en France (Artisans, Commerçants, Restaurateurs, Service de proximité, …) profite de la baisse des coûts de laquelle ils seraient écartés. En tout cas il me semble …

  2. JRB dit :

    Objection votre honneur.
    Si les entreprises ne répercutent pas en baisse de prix l’allégement octroyé, mais privilégient leurs marges, voire la rémunération de leurs actionnaires, cela se retrouvera positivement dans notre économie, c’est inéluctable.