Le gouvernement enterre le rapport Gallois sur la compétitivité

La rapport Gallois sur la compétitivité défrise le gouvernement qui a fait machine arrière. A la grande fureur de l’auteur.

Rapport Gallois enterréLouis Gallois a remis, début octobre, à Jean-Marc son rapport sur la compétitivité de l’économie française. Et l’ancien patron ( de gauche) d’ EADS commence à trouver le temps long. « Il est même franchement de mauvaise humeur », explique un de ses proches, à qui il a confié: « J’en ai marre de voir toutes mes idées dézinguées avant même d’avoir été annoncées officiellement. » La publication du rapport Gallois est prévue pour le 5 novembre. Après 2 reports à la mi-septembre puis à la mi-octobre, dont Gallois affirme en privé avoir été « le dernier informé« .

Ayrault avait missionné Gallois en juillet pour « préparer un pacte productif ambitieux en faveur de la compétitivité de notre industrie« . Ses idées sont déjà connues de tout le microcosme socialiste: Gallois milite pour une « réduction massive des cotisations patronales à hauteur de 30 à 50 milliards d’euros« , financée par la CSG. Mais aussi par la TVA. L’exact contre-pied du candidat Hollande, qui, tout à sa croisade anti-TVA sociale contre Sarkozy, avait estimé, pendant la campagne, que « ce n’est pas en baissant (…) les sur toutes les qu’il y aura quelque progrès que ce soit sur notre commerce extérieur ». Mais, depuis la conférence sociale du 9 juillet, Hollande a évolué et se montre  préoccupé par le coût du travail. Gallois, pense-t-on alors, est tout désigné pour lui permettre de faire sa mue en douceur.

Las ! La situation, en 3 mois, a encore changé. Avant l’hypothétique « choc de compétitivité » promis, on a surtout vu un choc fiscal « historique ». En 2012 et 2013, le produit de l’ impôt sur le revenu augmentera de 41% et le produit de l’ impôt sur les sociétés de 31%. Au risque que cette purge anéantisse l’investissement et la consommation, plongeant la France dans la récession. Matignon, accusé par la droite de « matraquer les classes moyennes », ne veut pas imposer un « deuxième choc fiscal » aux Français.

Pour éviter le « choc récessif », Ayrault multiplie les réunions interministérielles sur la compétitivité, et lance une grande opération de rétropédalage. Il fait pression sur Gallois pour que son rapport tienne compte du ras-le-bol fiscal et de la récession. « Nous lui avons fait comprendre que nous avions une politique économique et qu’il devait s’y plier« , indique, martial, un proche de Jérôme , le ministre du Budget. Quelle est la réaction de Gallois ? On sait seulement qu’il est furieux.

Toujours est-il que Bercy a repris totalement la main, et plus question de faire bénéficier toutes les entreprises de la baisse des charges. Il faut sélectionner les heureuses élues. La proposition d’ Arnaud Montebourg ( n’accorder de réduction de charges qu’aux boîtes qui les réinvestiront) a fait long feu. « Imaginez, commente le conseiller de Cahuzac, un groupe qui investirait ses abattements de charges, par exemple, en Pologne. Il en a le droit puisque c’est l’ Union européenne. Et que cette usine en Pologne conduise à en fermer une en France ! »

Les ordinateurs de Bercy tournent actuellement sur une baisse des charges réservée aux seules entreprises exportatrices, soumises à la concurrence étrangère. Avec le risque que cette usine à gaz soit refusée par Bruxelles au titre de subventions d’ Etat aux exportations, interdites par l’ Union européenne. Et que Gallois – « un animal pas commode », selon un de ses collaborateurs – parte en claquant la porte.

source: le canard enchainé

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2 Commentaires sur “Le gouvernement enterre le rapport Gallois sur la compétitivité”

  1. Trazibule dit :

    Aider les entreprises à avoir plus de compétitivité n’est pas une solution mais une aggravation du problème. Car que signifie aider une entreprise à plus investir ?

    En général vu que les charges sociales ne sont supportées que par les salariés, l’intérêt de l’entreprise est donc d’acheter plus de machines pour avoir moins de salariés donc plus de chômage et par logique moins de client donc au bout du compte moins de ventes !
    Investir oui mais dans l’humain, et pour cela il faut changer le mode de prélèvement des charges sociales, en les répartissant sur toute l’acticité de l’entreprise, travail humain, machine et négoce. Surtout par la TVA sociale qui conduit à réduire encore plus les ventes en affectant le coût social sur les familles.

    Alors avant d’investir appliquons avant la T.A.C. (voir ici http://wwwtrazibule.fr/tac-sans-chiffres.php) qui ne coute rien (juste un changement de logique) et rapporte beaucoup en réorientant les choix industriels vers le travail humain local.

    http://wwwtrazibule.fr/competitivite.php

  2. dieta dit :

    Une hausse de la TVA et de la CSG. Pour financer la baisse des cotisations, deux camps s’opposaient jusqu’alors. Ceux qui préconisaient d’augmenter la TVA, et ceux favorables à une hausse de la CSG. Louis Gallois préconiserait, dans son rapport, une hausse modérée des deux, afin qu’elle puisse « être supportée par les ménages ».