Le plan d’ économies de la SNCF va coûter 150 millions d’ euros

Le projet Ulysse, élaboré en 2008, devait permettre à la de rationaliser ses services informatiques et d’ économiser 300 millions d’euros.

Le plan d' économies de la SNCF va coûter 150 millionsMais le 7 décembre, la SNCF a annoncé, le plus discrètement possible, que ce pharaonique « plan » de réorganisation concocté avec IBM allait être abandonné. Au lieu des mirifiques économies attendues, cet échec laisse une facture que la direction de la SNCF se garde bien de chiffrer, mais que la estime à 150 millions d’euros. Soit près du 1/4 du bénéfice réalisé en 2010 par la SNCF.

Pour gérer son réseau, son service commercial, ses achats, ses projets, la SNCF fait appel à pas moins de 4200 informaticiens. La moitié sont employés par une myriade d’entreprises sous-traitantes. En réalité, des salariés déguisés de la SNCF qui travaillent uniquement pour elle, et dans ses locaux. Le projet Ulysse avait pour ambition de rationaliser cette usine à gaz, en confiant la totalité des activités sous-traitées à une seule société, filiale de la SNCF et d’ IBM, créée pour l’occasion.

« Economies garanties pour la SNCF de 284 millions d’euros sur 6 ans« , assurait une note confidentielle, rédigée à l’intention du comité stratégique qui s’est tenu le 18 décembre 2009. Ce document décrit alors les lendemains qui chantent : amélioration de la qualité et de la performance des prestations, économies sur les achats. Et, surtout, « le partenaire industriel ( IBM) assurera les risques opérationnels du projet ». Tout baigne.

Légère ombre au tableau, un rapport de l’ Inspection des finances, daté du 7 janvier 2010, émet quelques doutes sur la « mise en oeuvre effective de ce dispositif, tant il apparaît complexe ». Et exprime la crainte de ne jamais voir atteindre « l’équilibre du système ». Foin de ces grincheux : en janvier 2010, la société Noviaserv, filiale de la SNCF et d’ IBM, est créée.

Avis de tempête dès l’été 2011. Dans une note estampillée « strictement confidentiel » et destinée aux seuls membres du conseil d’ administration, lequel doit se réunir le 18 juillet, le concepteur du projet propose une « refondation ». Ce qui n’est pas bon signe. Et il informe le conseil que, tout bien pesé, le montant du chiffre d’affaires transférable à la nouvelle entité Noviaserv avait été surestimé. Au lieu de 360 millions, il faudrait plutôt en compter 180. Et d’avouer que  » les accords de partenariat signés en 2009 n’ont pu être mis en oeuvre ». Les hypothèses sur lesquelles ils étaient fondés apparaissent « excessivement inappropriées ».

Que faire ? Une sortie immédiate du partenariat avec IBM ne semble  « pas accessible ». L’auteur de la note préfère ne pas s’étendre sur cette perspective et précise que les conséquences d’une telle option « seront présentées oralement ». On n’est jamais trop prudent.

Aux relations de plus en plus tendues avec le partenaire IBM s’est ajoutée une vigoureuse opposition syndicale que les promoteurs du projet ne semblent pas avoir intégrée dans leurs savants calculs stratégiques.

Les informaticiens ont rapidement compris que le merveilleux plan d’ économies Ulysee préparait surtout une externalisation massive. « En faisant nos calculs, explique Hervé Giudici, secrétaire national de la fédération CGT des cheminots, nous nous sommes aperçus que les économies annoncées se fondaient sur une diminution de 500 à 350 euros du coût de la journée de travail d’un informaticien. Ce qui n’est vraiment possible que par le transfert de l’activité hors de France, au Maroc, en Roumanie, en Asie… »

De son côté, un délégué du personnel Sud-Rail; Pascal Modeste, a fait ses calculs : « 300 postes d’informaticiens travaillant à la SNCF allaient être supprimés! » Résultat, 2 grèves, massivement suivies, en avril 2010 et juin 2011, contre le plan d’ économies Ulysse. C’est le coup de grâce. Les propositions de refondation n’aboutiront jamais. Et la rupture avec IBM devient inévitable.

Combien cette odyssée va-t-elle finalement coûter à la SNCF ? Selon la CGT, entre les pénalités dues à IBM pour un chiffre d’affaires inférieur aux engagements initiaux, le comblement du de Noviaserv, le rachat à IBM des 49% du capital de cette société commune et les indemnités de rupture du contrat, la facture de ce plan d’ économies de la SNCF pourrait atteindre 150 millions d’euros.

source: le canard enchainé

 

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1 Commentaire sur “Le plan d’ économies de la SNCF va coûter 150 millions d’ euros”

  1. Chnoupi dit :

    Les dépenses SNCF vont « bon train » !