Le scandale des notes de frais des députés

Hollande s’est engagé à moraliser la vie politique. Le président, qui prône les vertus d’un Etat modeste et transparent, devrait sans doute se pencher sur le scandale de l’ indemnité représentative de frais de mandat des ( IRFM).

Notes de frais des députés scandaleL’ indemnité représentative de frais de mandat des députés est une enveloppe mensuelle de 6 412 euros brut ( environ 77 000 euros par an), accordée à chaque député pour couvrir ses frais liés à sa fonction, en plus de leur traitement personnel ( 7 100 euros brut) et du crédit leur permettant de rémunérer leurs collaborateurs ( 9 138 euros).

Les frais de mandat des députés représentent une dépense de près de 45 millions d’euros par an qui profite à 577 députés ( les sénateurs bénéficient d’une indemnité similaire). A ce total s’ajoutent les 25 millions d’euros net de frais de mandat des sénateurs ( voir  Transparence des frais de mandat des députés et sénateurs).

Le magazine Marianne a mis la main sur les relevés du compte bancaire sur lequel l’un de ces députés perçoit cette indemnité. Ce député ( dont Marianne a préféré taire le nom par respect du secret bancaire) ne s’est jamais invité dans les colonnes judiciaires des journaux et est un socialiste proche de Hollande. Son cas n’est qu’un parmi de dizaines d’autres similaires.

Ce député utilise en partie ses notes de frais pour des personnelles qui n’ont rien à voir avec son mandat d’élu. Rien d’illégal, puisque ces notes de frais des députés ne font l’objet d’aucun contrôle, sauf qu’il s’agit en réalité d’un salaire de complément, exempté d’ impôt sur le revenu !

Le quotidien de ce député est fait de transports en train entre Paris et sa terre d’élection, de sandwichs triangles achetés au wagon-bar, et de repas dans des restaurants sans grande prétention. Un député pas bling-bling pour un sou. Au fil des années il a cependant un peu oublié ce qui relevait de sa mission d’ élu du peuple et ce qui pouvait constituer une dépense personnelle.

Dans les relevés bancaires de ce député ( de septembre 2002 à novembre 2011), les primes versées aux collaborateurs y côtoient les emplettes chez Picard et les remplissages de caddie à la supérette du coin. Les prélèvements automatiques destinés à l’ Association nationale de financement du Parti socialiste cohabitent avec les dépenses chez Décathlon et Sport 2000. Ces types de dépenses personnelles sont monnaie courante: consultations dentaires, séances chez un spécialiste de l’hypnose, achats chez Nature & Découvertes avant Noël. On relève également de nombreux chèques débités, en face desquels est inscrit à la main le prénom de sa compagne, de nombreux transports en train pour lui-même, ses enfants et leur mère, payés à une agence de voyages via son compte bancaire IRFM ( alors que ce député dispose d’une carte lui permettant de circuler gratuitement en 1ère classe, partout en France, sur le réseau SNCF).

Mais les frais de mandat de ce député lui servent également pour des escapades en Espagne en plein mois d’ août ( en 2006 et 2008), à Saint-Barth ( en 2011), et même au parc Disneyland de Marne-la-Vallée ( fin 2007).

Les couloirs du Palais-Bourbon bruissent de bien d’autres histoires de députés de toutes obédiences utilisant le gros de leurs frais de mandat à des fins privées. Leurs collaborateurs, surtout, qui le supportent de moins en moins, sont les mieux placés pour tout savoir des dépenses abusives de leurs élus qui les scandalisent de plus en plus. Et pour cause, leurs députés peuvent piocher dans le crédit collaborateur pour augmenter leurs frais de mandat.

Certes, tous les députés ne s’adonnent pas à ce genre de pratiques, mais à l’heure où l’ Etat français croule sous la dette et où le gouvernement s’apprête à demander des efforts à tous les français, ces députés qui votent les lois ne devraient-ils pas être les premiers à montrer l’ exemple ?

source: Marianne

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