Le scandale des tarifs GDF

Depuis des années, Suez a eu la main un peu lourde à chaque hausse du prix du gaz. C’est ce qui ressort d’un récent rapport de la Commission de régulation de l’ énergie publié le 24 octobre.

Tarifs GDF scandaleLa Commission de régulation de l’ énergie propose de changer radicalement la formule tarifaire du gaz fixée par la loi.

Cette formule, longtemps tenue secrète, a été élaborée sur la base des contrats à long terme que GDF Suez a signés avec ses fournisseurs ( Algérie, Norvège, Russie, etc.) et qui sont indexés sur le prix du pétrole. Lequel a augmenté de 25% depuis 1 an. Mais GDF Suez achète près du quart de son gaz sur les marchés libres, « au jour le jour », à des tarifs bien moins élevés. Conclusion : le calcul des tarifs du gaz est biaisé, et le prix public du gaz surévalué.

Une révélation qui tombe à pic après l’arrêt du Conseil d’ Etat déclarant illégal le gel du prix du gaz décidé, en avril dernier, par . Craignant la mauvaise humeur électorale des 11 millions d’abonnés qui avaient dû supporter 21% de hausse du prix du gaz en 1 an, Fillon a décrété un gel des tarifs du gaz « pour l’année à venir ». C’est-à-dire, fort opportunément, jusqu’à la présidentielle de 2012. « Illégal » vient de trancher le Conseil d’ Etat. Lequel, dans un arrêté daté du 28 novembre, estime qu’un ministre n’a pas le pouvoir « de suspendre la formule tarifaire ». Et donne jusqu’au 28 décembre à Bercy pour revoir sa copie.

Du coup, les services du ministre de l’ Industrie, Eric Besson, se sont mis à phosphorer. Ils envisagent de rallier la position de la Commission de régulation de l’ énergie, qui propose de prendre pleinement en compte, dans la formule magique, l’approvisionnement à prix cassé. Selon les services de Besson, avec la nouvelle formule, la hausse des tarifs du gaz ne serait plus que de 5% au lieu de 10% auparavant. Toujours ça de pris ! Et, finalement, c’est une augmentation de 4% du prix du gaz qui serait retenue par Matignon.

On comprend mieux, aussi, cette seconde révélation du rapport de la Commission régulation de l’ énergie : les fameux « tarifs réglementés » ne protègent pas tant que ça les consommateurs. Ainsi, avant impôts et taxes ( perçus par l’ Etat), le prix du gaz français est parmi les plus élevés de l’ ( à la 6ème place). Ainsi, 21 pays proposent leur gaz à un prix inférieur au « tarif réglementé » français.

Voila qui relativise singulièrement les jérémiades de GDF Suez malgré ses 4,6 milliards d’euros de bénéfices en 2010.

source: le canard enchainé

Partagez:

Voir aussi

Étiquettes : , ,

3 Commentaires sur “Le scandale des tarifs GDF”

  1. Il faudrait supprimer en France l’indexation du prix du gaz sur celui du pétrole!
    On peut cependant observer à cette occasion que la privatisation d’un service public n’a comme effet qu’une augmentation du prix du service privatisé! Cela est le cas du gaz mais aussi de l’eau potable et de l’électricité.
    Ainsi, on a soi-disant « libéralisé » le marché de l’électricité en Europe, mais les prix rendus au client final augmentent! Pourquoi?
    Pour libéraliser un marché il faut d’abord « dé-cartelliser » les prix au niveau des approvisionnements, ce qui suppose introduire une véritable concurrence au niveau des sources d’approvisionnement et en Europe cela est loin d’être le cas puisque aussi bien le charbon, que le gaz ou le pétrole sont dans les mains des cartels des producteurs qui imposent leurs prix! Seul le nucléaire et les énergies douces comme l’hydraulique, le solaire, le vent ou les « marémotrices » échappent aux cartels (les energies douces comme le solaire ou le vent se positionnent en fait par le jeu des « subventions » complètement en dehors des prix de marché!)
    La deuxième condition c’est qu’une véritable « fongibilité » du produit existe au niveau européen. Or cela n’est que partiellement vrai car sous la pression des écologistes les lignes de transport d’électricité sont insuffisantes au niveau du territoire européen, et des portions importantes des territoires nationaux sont notoirement sous équipés (Italie, Espagne, Bretagne, etc…)
    La troisième condition serait d’instituer une véritable « volatilité » des prix ce qui suppose mettre en place une « bourse » de l’électricité approvisionnée convenablement pour que l’écart entre la fourniture et la demande soient proche l’une de l’autre. Or à cause des contraintes physiques de transport, les bourses existantes piétinent encore aujourd’hui!
    Alors les politiques français comprendront-ils un jour la leçon?

    • silvio dit :

      Euh .. rappelez moi ce qui est arrivé à la Californie en 2008 où les prix des approvisionnements sont gérés par une bourse ?

  2. Dornach dit :

    Lorsqu’on essaie de partager cet article, le lien associé, se réfèrent à un autre article !!!!