Les gaspillages de Sciences-Po Paris

La vient d’épingler la gestion de Sciences-Po Paris dans un rapport de 210 pages au vitriol.

gaspillages de Sciences Po ParisMediapart avait révélé le scandale des grosses primes des dirigeants de Sciences-Po. La Cour des comptes a donc étudié les bulletins de paye des dirigeants de Sciences Po et a découvert que la rémunération annuelle brute de l’ancien patron de l’Institut d’études politiques ( IEP), Richard Descoings, avait augmenté de 60,4 % entre 2005 et 2011.

En 2010, le directeur de l’ Institut d’études politiques aujourd’hui décédé avait touché une rémunération de 537 246,75 euros et de 505 806,29 euros pour 2011.

La Cour pointe du doigt  l’irrégularité de certaines primes: « L’indemnité mensuelle de Richard Descoings ne repose sur aucun contrat formel et n’a pas été votée en conseil d’administration. »

Mais Richard Descoings n’est pas le seul à être épinglé par le rapport de la Cour de comptes. Jean-Claude Casanova, président de la Fondation nationale des sciences politiques ( FNSP, qui gère l’IEP) a vu sa prime passer de 16 500 euros en 2007 à 36 000 en 2010 et 2011 (contre 9375,72 pour son prédécesseur).

En 2009, la prime de Jean-Claude Casanova a même atteint 69 000 euros, sans aucune consultation du conseil d’administration.

Selon la Cour des comptes, « les modalités de rémunération du président et de l’administrateur ne respectent pas les règles fixées par le code général des impôts« .

Le problème principal  provient de l’imbrication de la FNSP, institution au statut non défini, régie par le droit privé, et de l’IEP, établissement de droit public sans budget propre dont toute la gestion est assurée par la fondation.

Un statut dépassé qui a entraîné d’énormes gaspillages d’argent public et dysfonctionnements.

La Cour estime que la question du statut de Sciences-Po, qui dépense sans compter malgré un résultat d’exploitation négatif en 2005, 2006 et 2008, « mérite d’être reposée ».

La Cour dénonce également l’opacité entourant les contrats des enseignants vedettes et l’attribution de primes aux cadres de Sciences Po. A Sciences Po, les vacataires représentent 20% des dépenses en personnel et assurent 93% des heures d’enseignement.

Les enseignants-chercheurs de Sciences-Po effectuent 30% de leur service, payé 100%.

Exemple avec le directeur d’un département qui a doublé sa rémunération de professeur des universités en 2011 en assurant seulement 60 heures de cours à l’IEP durant l’année.

Le coût moyen d’un étudiant de Sciences-Po est supérieur de plus de 3000 euros à celui d’un étudiant à l’université Paris-Dauphine. C’est le ministère qui paye le surcoût de 300 euros par étudiant.

La Cour des comptes préconise de réduire la subvention à Sciences-Po.

La subvention du ministère de l’enseignement supérieur à Sciences-Po a augmenté de  33,3 % en 5 ans. En 2005, Sciences-Po a bénéficié de 47,7 millions d’euros de subventions. En 2010, le montant de la subvention à Sciences-Po s’élevait à 63,3 millions d’euros, sans aucun contrôle de l’ Etat.

Enfin, la Cour des comptes dénonce la gestion des biens immobiliers appartenant à la FNSP. La FNSP met ses biens immobiliers à disposition de l’IEP, qui lui-même peut en faire bénéficier des salariés.

Durant 5 ans, le directeur d’un centre de recherche a bénéficié gracieusement d’un logement de fonction situé rue d’Ulm, dont le loyer mensuel était estimé à 3257 euros, tout en déclarant un avantage annuel en nature de 1560 euros. Une fois le bail transféré à son nom, en 2009, un courrier de l’IEP lui a précisé que la FNSP « augmentera une de ses primes du montant exact du loyer, soit 3257 euros par mois ».

Quand l’ Etat aura-t-il le courage de changer les statuts de l’IEP et de mettre fin à ces scandaleux gaspillages d’argent public à Sciences-Po ?

source: le Monde

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2 Commentaires sur “Les gaspillages de Sciences-Po Paris”

  1. TRIVIDIC dit :

    Là où il y a de la gêne il n’y a pas de plaisir !

    Aux armes citoyens, virons tous ces mafieux incompétents !