Les magouilles fiscales d’ Apple

Emprunter 17 milliards de dollars pour rémunérer ses actionnaires alors qu’on dispose d’un trésor de guerre de 145 milliards, ce n’est pas très malin. Sauf à vouloir mettre la puce à l’oreille de la planète entière et lui confirmer qu’il est plus avantageux d’emprunter que de rapatrier des fonds planqués à l’étranger: cela obligerait Apple à régler 35% des taxes à la mère patrie.

Les magouilles fiscales d' AppleLe Sénat américain n’avait pas besoin de cette maladresse pour enquêter sur la façon dont Apple, comme nombre de multinationales, échappe très largement à l’impôt. Et pour raconter comment Apple a trouvé le « Saint-Graal de l’« : un réseau complexe de filiales enregistrées en Irlande. La première, la holding Apple Operations International, n’a aucun salarié mais affiche 30 milliards de dollars de bénéfices sur les 5 dernières années. Durant lesquelles elle n’a fait aucune déclaration d’impôts, « en exploitant les failles » des législations fiscales de part et d’autre de l’ Atlantique. L’ Irlande n’impose sa juridiction fiscale qu’aux dont les dirigeants se trouvent sur son sol, ce qui n’est pas le cas d’ Apple. Et les Etats-Unis n’exigent de déclaration que de celles qui sont établies sur le sien. Cherchez l’erreur…

Autre filiale, Apple Sales International a dégagé 74 milliards de dollars de bénéfices entre 2009 et 2012, et n’a payé qu’un impôt dérisoire. Les Irlandais, connus pour leur faible imposition sur les sociétés ( 12,5%), ont poussé l’amabilité, après de courtoises négociations, jusqu’à descendre à 2 %, voire à 0,05%, pour Apple. Fortiche.

Apple n’est pas la première multinationale mise sur la sellette aux Etats-Unis à cause de ses tendances à fuir le fisc. General Electric, Microsoft et Hewlett-Packard ont déjà été contrôlées par la même commission d’enquête. Les profits amassés à l’étranger par des firmes US atteindraient 1500 milliards de dollars. Les parlementaires américains ambitionnent de changer la législation pour réduire le manque à gagner. Irlandais, Luxembourgeois et Autrichiens mis à part, les Européens aimeraient bien en faire autant…

Résultat, que fait Apple ? Elle va doubler ses dépenses de lobbying pour influencer les parlementaires à Washington. En 2013, elle déboursera 4 millions de dollars pour tenter d’acheter la paix. Bien moins que Facebook ( 14 millions) ou Google ( 18 millions)., qui ont les mêmes soucis.

Nul doute qu’ Apple augmentera aussi Peter Oppenheimer, son directeur financier, probablement le salarié le mieux payé de la planète, avec un revenu de 68,6 millions de dollars ( 52,5 millions d’euros) en 2012. Un salaire indexé sur le talent dont il fait preuve pour permettre à Apple d’acquitter un minimum d’impôts sans être hors la loi.

source: le canard enchainé

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1 Commentaire sur “Les magouilles fiscales d’ Apple”

  1. Avant l’ouverture d’un procès prévu lundi à San José (Californie, ouest), Apple estime que les recettes qu’il a perdues en raison de cette concurrence déloyale, et l’«enrichissement injuste» de Samsung, représentent près de 2,525 milliards de dollars. En ajoutant des dommages et intérêts pour usurpation « délibérée » de brevets, les sommes réclamées peuvent aller bien au-delà de ce montant.