Les notes de frais de Toubon

Ancien garde des Sceaux sous Chirac et fringuant retraité du Conseil d’ Etat, Jacques Toubon, 71 ans, a l’art de partir en mission comme un jeune homme. Quitte à ne pas se présenter au rapport pour rendre des comptes… Mais c’est avec célérité que Toubon aligne les notes de frais.

notes de frais de ToubonEn décembre 2010, lui avait offert une « mission de réflexion et de proposition sur les défis de la révolution numérique aux règles fiscales européennes« . Hollande a ensuite reconduit Toubon dans cette tâche de la plus haute importance. Et les premiers résultats sont à la hauteur des attentes.

Entre le 1er janvier et le 30 juin 2012, Jacques Toubon a ainsi amassé plus de 19 000 euros de notes de taxi. Près de 160 euros, en moyenne, par jour ouvré. Et aussi 8 679 euros de notes de restaurant, hors frais de mission à l’étranger ( 21 518 euros, tout de même). En revanche, et il faut le souligner, Toubon s’est montré d’une sobriété exemplaire pour les fournitures de bureau, les prestations d’impression ou de reprographie. Rien, zéro euro au compteur !

Au total, pour le 1er semestre 2012, la mission Toubon aura déjà coûté la bagatelle de 53 657 euros à l’ Etat. A quoi il convient d’ajouter la mise à disposition d’une assistante, d’un stagiaire et d’un bureau, rue de Tolbiac, à Paris.

En 2007, Sarkozy avait souhaité être informé « très régulièrement » de l’avancée des travaux engagés. Mais, durant 18 mois, Toubon n’avait plus donné signe de vie. Aucune trace de la moindre rencontre entre le Président Sarkozy et son commissaire sur l’agenda officiel du chef de l’ Etat.

Le 26 juin, après l’alternance, c’est Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée de l’ Economie numérique, qui a reçu le missionnaire à Bercy. Mais pas pour savoir si Toubon avait réussi à convaincre Bruxelles et les 27 Etats membres de réduire la TVA sur les services fournis par voie électronique – but de cette mission. Non. Il s’agissait d’une « simple visite de courtoisie« , nous rassure le cabinet de la ministre.

Plus disert, Toubon défend, lui, son lourd bilan: « C’est une mission d’influence. J’ai obtenu que la accepte d’ouvrir le débat sur le taux réduit de TVA, mais, c’est vrai, tout cela ne prend pas de forme physique. Ca se distille, ça monte, c’est comme la fabrication de l’armagnac« , explique-t-il au Canard enchainé. Toubon devrait se méfier du surmenage…

source: le canard enchainé

 

 

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2 Commentaires sur “Les notes de frais de Toubon”

  1. atila2 dit :

    Gaspillage, pendant qu’on se serre la ceinture certains dépensent sans compter. au diable leur plan d’austérité, qu’ils commencent par eux mème.

  2. TRIVIDIC dit :

    Nos politiques ? de véritables mafieux tout simplement.

    Aux armes citoyens virons toute cette racaille qui vit à nos crochets.

    Le dire ne suffit plus il nous faut agir : TOUT ABSOLUMENT TOUT SUR LA PLACE PUBLIQUE