Les pratiques de Publicis pour s’ en mettre plein les poches

Pourquoi Maurice Lévy s’est-il empressé de toucher ses 16 millions d’euros de bonus ?

Pratiques fiscales de Publicis« Comment un publicitaire comme Maurice Lévy, un des meilleurs connaisseurs du monde médiatique français, a-t-il pu commettre une telle gaffe, en pleine polémique sur les revenus des grands patrons et à moins d’un mois de l’ élection présidentielle ? » Telle était, la semaine dernière, la question que posait, en petit comité, l’un des PDG du . Le site de La Tribune venait de révéler que le patron de Publicis allait encaisser, au titre de ses revenus de 2011, un super bonus de 16 millions d’euros ( voir Combien gagne Maurice Lévy ? ). Un pactole accumulé depuis 2003 pour avoir multiplié par 15 la valeur en Bourse de son entreprise.

La question est d’autant plus pertinente que rien n’obligeait Maurice Lévy à toucher ces 16 millions dès maintenant. La convention avec le conseil de surveillance de Publicis datée du 17 mars 2008 lui permettait en effet de rafler la mise le jour de son départ à la retraite, en 2015. En fait, c’est essentiellement pour des raisons fiscales qu’il a devancé l’échéance.

Selon les calculs de latribune.fr, les 16 millions vont être imposés à hauteur de 7,2 millions, en tenant compte de l’augmentation du taux de l’ décidée par en automne dernier. En revanche, si était élu, la facture, avec la tranche à 75% approcherait les 12 millions. Mieux valait donc ne pas attendre ce nouveau serrage de vis fiscal, alors que tous les sondeurs donnent Hollande vainqueur au second tour.

Maurice Lévy fait en effet partie de ce tout petit club de patrons qui, hormis la retraite chapeau, ont su cumuler tous les avantages. En 2011, il a ainsi eu droit à 3 600 000 euros au titre de sa rémunération fixe et variable, et il a levé pour 6,6 millions de stock-options. Grâce aux 4 922 854 actions de Publicis qu’il possède avec ses enfants, il va aussi encaisser 3 445 998 euros de dividendes. En tout et hors stock-options, son revenu global a atteint 23 145 998 euros. En négligeant les centimes.

Principale actionnaire de Publicis et présidente de son conseil de surveillance. Elisabeth Badinter, qui a hérité de son père, le fondateur de la maison, Marcel Bleustein-Blanchet, a bien évidemment autorisé et approuvé toutes les opérations qui ont permis à Maurice Lévy d’être, en 2011, le PDG le mieux loti de France. Il est vrai que, tout comme lui, elle n’a pas besoin de faire la quête. En 2011, sa rémunération au titre de présidente du conseil de surveillance a atteint 252 939 euros. Presque un pourboire à côté des 14 050 637 euros de dividendes que lui ont rapportés les 20 072 339 actions Publicis qu’elle possède avec sa famille. Cette somme ne lui a apparemment pas suffi, car elle a aussi vendu, en mars 2012, quelque 450 000 actions à un cours proche de 41 euros. Rentrée supplémentaire: 18,45 millions, qui seront fiscalisées à la sauce Sarkozy, laquelle vaut mieux que la sauce cuisinée par Hollande, au cas où…

Elisabeth Badinter, épouse de l’ancien garde des Sceaux de Mitterrand puis sénateur socialiste, se définit ainsi dans les documents sociaux du groupe Publicis : « Philosophe. Elle est l’auteur de nombreux essais ». Le prochain traitera sûrement des charmes du capitalisme et de l’ optimisation fiscale.

source: le canard enchainé

 

 

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3 Commentaires sur “Les pratiques de Publicis pour s’ en mettre plein les poches”

  1. marcel dit :

    Votre discours est demago au possible …
    Il a travaillé non ? pourquoi il n’aurais pas le droit a cette somme ?
    vous trouvez pas ça injuste de payer la moitié de ses revenus en impôt ?
    imaginez vous si votre salaire été divisé par deux en fin d’année ? et bien vous trouverez ça injuste …
    Je parle pas de politique mais juste d’équité … cette personne a multiplié par 15 la valeur de Publicis, donc généré de l’emploi …
    A force d’être jaloux en France, un jour, plus personne ne voudra entreprendre …

    • helene dit :

      Une seule réaction ? Etonnant. Et de quelle tenue surtout …

      Considérer qu’il est normal de toucher 1000 fois le salaire d’un cadre juste pour avoir fait son boulot : on marche sur la tête !

    • helene dit :

       » A force d’être jaloux en France, un jour, plus personne ne voudra entreprendre … »

      Il faut vraiment être déconnecté de la vie (rentier professionnel sans doute) pour déclarer que plus personne ne voudrait gagner sa vie honnêtement. Même sans dépaser le fameux plafond de 360 000 euros par an, 99 % des Français ne compteraient pas leur temps.

      Le problème, c’est bien le 1% qui démoralise tous les autres .