Les voleurs de Goldman Sachs à la tête de l’ Europe

Pour guérir l’ Europe de sa dette, s’imposent à des postes clés des ex de Goldman Sachs, la banques US à l’ origine de la crise…

Les voleurs de Goldman Sachs à la tête de l' EuropeMario Monti, 68 ans, nouveau président du Conseil italien, et Mario Draghi, 64 ans, nouveau patron de la , sont désormais chargés de serrer la vis en Europe. Les 2 ont été formés par les jésuites. Mario Monti a poursuivi à l’ université Bocconi de Milan, où il a franchi tous les échelons. Il est aussi passé par Yale, où il était assidu aux cours du Nobel Tobin, père d’une taxe fantôme. Mario Draghi, après une seconde maîtrise à Rome, a étudié au Massachusetts Institute of Technology de Boston auprès de Franco Modigliani, l’économiste prix Nobel pour un théorème sur la finance d’entreprise.

L’ école économique de ces 2 super Mario est celle de l’ orthodoxie. Draghi à la tête d’ une BCE qui se croit l’héritière de la Bundesbank, la presse allemande ne voulait pas y croire. « Chez les Italiens, l’inflation est à la vie ce que la sauce tomate est aux pâtes« , se gaussait le Bild. Erreur, car Draghi, question rigueur, est quasi-germanique. Après le MIT, il a fait ses classes à la Banque mondiale puis à la direction du Trésor italien, où il a officié pendant 10 ans. C’est là qu’il a acquis sa réputation de Super Mario, pour avoir aidé à assainir les comptes du pays en privatisant 750 entreprises contre la modique somme de 100 milliards d’euros.

Monti, lui, a connu son premier quart d’heure de célébrité à la , où l’avait nommé en 1994 le cavalier Berlusconi. Le responsable de la concurrence à Bruxelles s’oppose à la fusion entre General Electric et Honeywell, et récolte le surnom de « Saddam Hussein du business« . Il inflige une amende de 497 millions d’euros à Microsoft, qui bafoue la sacro-sainte concurrence; le Financial Times le baptise le « tsar antitrust« . En 2004, alors que la France cherche à sauver Alstom en y injectant de l’argent public, il dénonce le ministre de l’ Economie de l’époque, un certain . Sarkozy se plaint dans la presse : « Il y a des gens à Bruxelles qui veulent la mort d’ Alstom« . Monti réplique, dans Le Figaro : Sarkozy devrait « arrêter de donner l’impression que sans lui la Commission aurait dansé sur le cadavre d’ Alstom« . Pas rancunier, Sarkozy devenu président l’invitera à figurer en 2007 dans le groupe d’experts sur la croissance française. La croissance ne s’en est jamais remise.

Monti et Draghi ont désormais le destin de l’ Europe entre leurs mains. Peut-on leur faire confiance pour résoudre la crise de la dette ? Les amateurs de complot en doutent, et les autres aussi, car nos 2 professeurs de vertu économique ont en commun un gros point noir sur leur CV : un passage par Goldman Sachs. Goldman Sachs, la sulfureuse banque d’affaires américaine à l’origine de la crise des subprimes est aussi celle qui, dans les années 2000, a maquillé les comptes de la Grèce pour lui permettre de dissimuler sa dette et d’adhérer à la monnaie unnique. Les incendiaires se retrouvent aujourd’hui pompiers, ce qui est un classique en pyromanie, mais moins en économie.

Monti se défend en expliquant qu’il n’a collaboré avec Goldman Sachs qu’à partir de 2005 en tant que membre du conseil de recherche sur les politiques publiques. Draghi, lui, a été plus impliqué, avec le titre de vice-président pour l’ Europe de Goldman Sachs entre 2002 et 2006. 2 mois après sa prise de fonction, il accède au poste très prisé d’associé, synonyme de revenus hyper juteux. Il a juré en juin aux députés européens, qui ont eu la politesse de le croire, qu’il n’a rien eu à voir avec les combines sur la Grèce. Mais à peine arrivé à Londres, en 2002, Draghi signe un article avec un Nobel pour justifier les pratiques de dissimulation de créances… Coïncidence, Goldman Sachs a aussi largement profité de son programme de privatisation dans les années 90.

A la grande fureur de Francesco Cossiga, ancien président de la République italienne, qui, alors que le nom de Draghi circule en 2008 pour remplacer Berlusconi, tonne :  » Impossible. C’est un vil affairiste qui vendra l’économie italienne à quelque connaissance de son ancienne banque d’affaires comme il l’avait déjà fait lorsqu’il était directeur du Trésor« . Et Luca di Montezmolo, le patron de Ferrari, de confier que Draghi passait régulièrement ses vacances dans le sud de l’ Italie avec Robert Rubin, ancien vice-président de Goldman Sachs dans les années 90…

Les dirigeants européens n’ont pas voulu s’abaisser à lui refuser la BCE au nom de ses relations avec Wall Street. Pas plus qu’ils ne se sont étonnés de ce que Lucas Papademos, le nouveau Premier ministre grec, ait été gouverneur de la Banque centrale grecque de 1994 à 2002 et donc ait eu forcéement partie liée avec la banque américaine pour dissimuler la dette qu’il prétend aujourd’hui rembourser…

Il ne faut pas prêter aux anciens de Goldman Sachs plus que leur passage dans la banque d’affaires ne leur a rapporté. Mais rien ne garantit que les 2 Mario et consorts soient aujourd’hui pour l’ Europe davantage un bon placement qu’un produit toxique.

source: le canard enchainé

Partagez:

Voir aussi

3 Commentaires sur “Les voleurs de Goldman Sachs à la tête de l’ Europe”

    • Gnommy dit :

      Excellente vidéo, seules les allusions politiques, dont les émules de l’école de Chicago chez G&S n’ont que foutre, ( oui g&s, quel que soir le clivage au pouvoir, détient la dette publique Américaine depuis près de 100 ans maintenant… ) laissent à penser qu’une solution ‘ politique ‘ soit possible.
      Tout au plus sont-ils contents de pouvoir berner les plèbes respectives avec les clivages politiques, les ‘ alternances ‘ et autres poudres aux yeux, tentant ainsi de conserver l’apparence ‘ démocratique ‘ des collectivités nationales qu’ils phagocytent, quand, comme pour la France, ils n’y sont pas carrément en paradis fiscal aménagé…

      2 100 Milliards de richesses créées en 2010.
      270 Milliards de recettes fiscales.

      12,9 % d’impôts et taxes.

      Vous aimeriez ne payer au total ‘ QUE ‘ 12,9 % d’impôts et taxes, j’en suis sur, malheureusement, vous payez pour que leurs ‘ revenus ‘ soient exempts de toutes taxes et impôts, et pour que en plus vos acquits et biens sociaux soient spoliés.

      2,6 Millions de Millionnaires en France :
      2,6 Millionnaires imposés à 100 000 Euros sur leur premier Million = 260 000 000 000 d’ Euros de recettes fiscale ( 260 Milliards )

      Qui se fout de voggle, d’après vous ?

      Ceux qui vous terrorisent avec la ‘ crise ‘, pour mieux préparer vos anus au passage du train de l’austérité.
      ( qui accessoirement sera constitué d’un second train, celui de l’insécurité, histoire d’augmenter les chances électoralistes du pouvoir en place, mais ne vous y trompez pas, l’alternance ‘ made in France ‘ ne changera rien à la donne ‘ économique ‘ actuelle, au contraire, la gauche est bien plus ‘ malléable ‘, c’est vous dire à quel point le mot ‘ socialiste ‘ n’a plus rien à foutre dans le nom de ce parti.

  1. Dornach dit :

    @ Gnommy vous avez tout à fait raison.

    J’ai trouvé sur le net un lien qui explique bien les causes et effets de la crise :

    http://jerome.blanc3.perso.sfr.fr/Dotclear/index.php?2011/11/27/45-comprendre-la-crise-de-l-europe

    Il montre que nombreux sont les spécialistes (économistes, historiens etc.) sont d’accord pour expliquer les raisons de la crise et donnent les solutions pour en sortir, qui ne sont pas celles que prennent nos « dirigeants » actuels…