Sarkozy retrouve la mémoire dans l’ affaire Bettencourt

L’ avocat de , Thierry Herzog, a organisé une astucieuse opération de déminage concernant l’ affaire Bettencourt dans Le Journal du dimanche.

Sarkozy retrouve la mémoire dans l' affaire BettencourtNicolas Sarkozy a perdu son immunité pénale le 15 juin, et sait qu’il se trouve désormais dans le collimateur du juge d’instruction Jean-Michel Gentil, chargé du dossier Bettencourt. Mais son avocat n’a pas perdu de temps pour tenter de convaincre le juge que son client n’avait rien à lui cacher.

Par l’intermédiaire de son conseil, Sarkozy a d’abord renié ses déclarations péremptoires du 12 juillet 2010. Sarkozy avait alors affirmé, devant les caméras de France 2, n’avoir jamais rencontré Liliane Bettencourt ou son mari André en tête à tête. Quand ils se donnaient rendez-vous, c’était « soit pour un déjeuner, soit pour un dîner avec plusieurs personnes« . Et d’ajouter, l’air indigné: « Vous me voyez devant les convives repartir avec de l’ argent ?« .

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy a retrouvé la mémoire. Tout bien réfléchi, il a eu, le 24 février 2007, un entretien seul à seul avec André Bettencourt ( aujourd’hui décédé). Comme preuve de bonne volonté, Thierry Herzog a envoyé au juge la copie certifiée conforme de l’agenda 2007 de Sarkozy. La rencontre du 24 février y figure bien, mais c’est la seule. L’avocat y voit la preuve que les autres visites, alléguées par certains témoins ( voir Pas de retraite pour l’ affaire Sarkozy Bettencourt), sont pure affabulation.

Mais, si Sarkozy est passé ( un peu) aux aveux, c’est que le juge Gentil n’avait déjà plus aucun doute sur sa présence le 24 février 2007 dans l’ hôtel particulier de Neuilly.

Et d’un, l’agenda d’André Bettencourt – retrouvé par les enquêteurs – porte à la date du 24 février 2007 la mention « NS », suivie d’un numéro de téléphone. Vérification faite, il s’agit de celui du secrétariat personnel de Sarkozy au ministère de l’ Intérieur.

Et de deux, le chauffeur de Monsieur a raconté, sur procès-verbal, avoir repéré ce matin-là un homme qui « allait et venait devant le portail » de la propriété. « Nous lui avons demandé ce qu’il faisait là. Il nous expliqué qu’il était fonctionnaire de police, nous a montré sa carte professionnelle et nous a indiqué qu’il était en repérage pour la visite du ministre de l’ Intérieur, M. Nicolas Sarkozy. »

Et de trois, le même témoin se souvient que Sarkozy a franchi le porche de la propriété avec 20 minutes de retard, « à 12h50″, dans une Renault VelSatis, et qu' »un grand Espace avait bloqué la route« .

Et de quatre, Pascal Bonnefoy, le fameux majordome qui avait enregistré clandestinement certaines conversations de Liliane Bettencourt, a raconté, toujours sur procès-verbal, avoir lui-même « accueilli M. Sarkozy » et l’avoir « conduit dans le salon rond où l’attendait M. André Bettencourt« . Difficile pour Sarkozy, après ça, de maintenir sa version initiale…

Mais que diable allait-il faire dans cette (riche) galère ? En février 2007, la campagne présidentielle battait son plein. Et c’est juste à ce moment là que des mallettes de billets venues de Suisse étaient récupérées par Patrice de Maistre, alors gestionnaire de la fortune des Bettencourt, avant de repartir pour une destination inconnue… Le défenseur de Nicolas Sarkozy balaie tous les soupçons et évoque aujourd’hui un simple « entretien de courtoisie » entre les 2 hommes. Sans doute pour échanger des propos gratuits…

source: le canard enchainé

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